La situation « abracadabrantesque » de l’intercommunalité

dans le canton de Dammartin en Goële

 

Les 23 communes du canton de Dammartin en Goële sont divisées en 3 communautés de communes (Pays de la Goële et du Multien, Plaine de France, Monts de la Goële) et 2 syndicats intercommunaux (le SIEP et le Syndicat Mixte de la Goële). Un morcellement qui multiplie les structures, les coûts de fonctionnement, et qui complique considérablement la gestion du territoire.

Il suffit de regarder une carte (voir ci joint) le découpage des intercommunalités pour se rendre compte de l’aberration de la situation actuelle, avec notamment deux communautés de communes ( la Plaine de France et le Pays de la Goële et du Multien) imbriquées l’une dans l’autre ; une atteinte à la cohésion du territoire ou plus simplement au bon sens même ! Un constat si étrange que l’on ne peut que se demander comment l’Etat a laissé se mettre en place une telle situation au fil des années

Les communautés de communes sont des structures encore jeunes issues de la transformation des districts qu’il est bien difficile de définir pour tout un chacun. La situation ubuesque de notre canton s’ajoute au manque de repères et de clarté pour les administrés qui peinent à comprendre le territoire... Si l’on ajoute à cela la discontinuité géographique, les différences importantes de taille et de population entre Intercommunalités, le morcellement des compétences, c’est à croire que tout est fait pour rendre le territoire aussi illisible que possible !

Les projets en cours sont un bon exemple de la nécessité de traiter l’aménagement à une seule et même échelle globale. Plusieurs zones d’activités s’apprêtent à sortir de terre sur le canton, mais à un rythme très différent, ce qui pose des questions sur la gestion de certaines structures… L’accueil des enfants en bas âge serait également facilité par une gestion unique, et que dire du complexe piscine/patinoire/bowling du Mesnil Amelot ! Un projet pharaonique à 35 M€ porté par la Plaine de France seule, dont l’ouverture, sans cesse reportée se fera à présent au mieux avec 4 ans de retard pour un budget de fonctionnement qui prévoit dores et déjà entre 500 000 € et 1 M€ de déficit annuel… alors qu’il y a 10 ans, un syndicat regroupant presque l’ensemble du canton devait réaliser un centre nautique entre Dammartin en Goële et Saint Mard pour un coût équivalent au sixième du nouveau complexe ! Un projet qui aurait déjà vu le jour sans la défection de certaines communes…

L’inégalité des ressources est encore plus frappante ; alors que 2/3 des habitants habitent le Pays de la Goële et du Multien et seulement ¼ la Plaine de France, cette dernière touche 9 fois plus de ressources par habitant que la première (43€/an/hab contre 364€/an/hab). Ce grand écart vient de la présence de Mauregard et du Mesnil Amelot dans la plaine de France, deux des cinq communes qui accueillent l’aéroport et ses activités, et qui figurent parmi les plus riches de France par habitant… une situation d’autant plus absurde quand on sait que 2/3 également des salariés de la plate forme qui résident sur le canton habitent le Pays de la Goële et du Multien. Cette inégalité peut donc se résumer à, d’un côté de fortes ressources pour un faible nombre d’habitants, et de l’autre de faibles revenus pour une importante population en attente de services dont les coûts de fonctionnement ne font que croître…

L’expérience a montré à la CCPGM que des communes de sensibilités différentes peuvent parfaitement travailler ensemble en dépassant les clivages partisans sur la base d’un projet. Il conviendrait d’élargir ce modèle et de l’appliquer au canton. Les orientations de la commission départementale de coopération intercommunale prônent d’ailleurs un regroupement des 3 communautés de communes en une seule.

Il est donc urgent que le canton de Dammartin en Goële se regroupe en une seule intercommunalité qui soit, plus cohérente, plus efficace, plus équilibrée… et qu’il puisse se pencher sur un véritable projet de territoire.

Voici de quoi nous souhaiterions vous entretenir afin que chacun puisse être alerté de cette situation discriminatoire et caricaturale due à certains errements de la décentralisation.